27 nov. 2015

paix et amour

En ce moment, un hommage national est rendu aux victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015.
photo lesbeauxquartiers


10.40, sonnerie de l'interphone.

"hello, my name is John, I'm from the Jehovah's witnesses. We're here today to give help and discuss with people about the future. Do you feel concerned about the future?"

Euh...

11 nov. 2015

Le monsieur à la bûche

http://louison.blog.lemonde.fr/files/2015/11/LVPDA-3novembre.jpg
(c) Louison. La vie publique des animaux.
C'était lundi, entre 4 et 5 h, l'heure où il fait déjà nuit, où l'on croise encore des parents qui ramènent leurs enfants de l'école quand on va faire quelques courses pour le soir.
Sur le trottoir, un monsieur âgé avance de porte en porte, la démarche incertaine. Il porte non pas des sacs de courses, mais une bûche. Il regarde les numéros sur les portes, avance, recule, il a l'air de chercher et surtout, de ne pas trouver.
Il demande quelque chose aux personnes devant moi. Puis à moi : "10 Willow Road?". Nous sommes plus haut, je lui montre qu'il faut qu'il descende la rue.
Il avance d'une porte, s'arrête et me regarde. Je n'ai pas encore compris qu'il a besoin de plus d'aide, et lui montre qu'il faut qu'il avance encore. Le manège se répète.
Alors je le rejoins, et l'accompagne jusqu'au numéro 10. Nous sommes devant une clôture et un portillon fermé à clef. Il enjambe la clôture, monte les quelques marches jusqu'à la porte de la maison, regarde la sonnette, semble perplexe, redescend les marches, enjambe la clôture dans l'autre sens et va frapper à la porte du numéro 9 à côté.
Je lui demande s'il est arrivé et si je peux le laisser, il me répond "No, don't leave". Il revient vers moi, je lui redemande quelle adresse il cherche, il répète "10 Willow Road". Nous sommes devant.
- Are you looking for someone?
- Yes, my home.
Je tente d'ouvrir le portillon, lui demande s'il a la clef ; il secoue la tête et enjambe la clôture à nouveau. Cette fois, je le suis sur les marches, et lui montre le bouton de la sonnette. Il appuie, quelqu'un répond.
- Hello, I'm S... F...
...
- Are there a Mr and Mrs F. here?
...
Il revient vers moi.
- They don't know you?
- No
- Are you sure you live here?
- No
Pendant ce temps, un homme et sa fille, petite écolière en uniforme qui sort de l'école, passent sur le trottoir. Je les arrête et explique la situation au père ; j'ai besoin d'aide pour aider le monsieur perdu. Nous questionnons le vieux monsieur, qui tient toujours sa bûche fermement, à tour de rôle :
- What's your name?
- Dr S. F.
- Do you live here?
- I thought so, 10 Willow Road.
- Do you have any paper with your address on it, a driving licence or anything? If this happens, you should have a paper with your name and address with you.
Il sort un portefeuille de sa poche, quelques pounds, des papiers en vrac et au milieu, son permis de conduire. Il s'agit bien de Dr S. F. mais l'adresse n'est pas 10 Willow Road. Je lui lis l'adresse, dans un autre quartier :
- Is this your address?
- It could be.
Le père sort son téléphone, cherche sur le plan. C'est de l'autre côté du Heath, de l'autre côté du bois. Il fait totalement nuit maintenant, c'est à plus de 20 minutes à pied à travers le parc, et nous ne voyons aucun taxi passer. Le père prend les choses en main, il va raccompagner le vieux monsieur chez lui en voiture.
- I'll drive you home. What's this? dit-il en désignant la bûche
- I don't know
Je demande "Do you have a fireplace?"
- No, it's a sculpture.
Nous lui laissons son morceau de bois, ça a l'air important. Nous nous remettons tous en marche, nous allons arriver devant chez moi.
- Do you want a glass of water, or anything?
- No I'm fine, it's just my brain cells.
- They're a bit tired
- Yes, tired and old.
On n'a plus besoin de moi pour la suite du voyage. Je les laisse partir et rentre chez moi. Je vérifie : oui, il existe bien un Dr S. F. à cette adresse, general practitioner, et un numéro de téléphone enregistré au nom de Mme F. Bientôt, il va retrouver sa maison et sa femme.
Je reste seule, avec l'image de ce monsieur portant une bûche, de son calme total, de sa perplexité et de son absence de surprise à la fois. Il est médecin, il sait ce qu'il lui arrive. Et il sourit.

11 sept. 2015

Petite histoire du vendredi

Regents Park. photo lesbeauxquartiers

Au parc, cet après-midi.
Un petit garçon, tout petit, accompagné de sa mère, s'approche timidement d'un grand chien aux boucles blondes, tenu en laisse par sa maîtresse. On fait les présentations.
- What's his name? demande la mère à la maîtresse du chien
- Shadow, répond la dame. Because he follows. He follows my son everywhere.
Les gens sont des poètes.

24 juil. 2015

La radio l'été


Bonheur des vacances (des autres) : la grille de radio d'été, avec son lot d'émissions originales, faussement légères, et au final plus intéressantes que les programmes installés tout au long de l'année.
Cette année encore, mon chouchou est Ali Rebeihi dans une émission psycho-culturelle bien rythmée, aux questions intelligentes et aux invités bien choisis, un bonbon subtil à déguster avec son café matinal. Je dis "encore", car ses Micro Fictions les années précédentes étaient déjà un régal. Évidemment, cette écoute a un effet bien plus bénéfique sur mon humeur que sur ma productivité !

16 juin 2015

Un homonyme...

Dans quelques jours arrive sur la toile un boucher qui s'appelle comme moi !
Par "comme moi", je veux dire les beaux quartiers, bien sûr. Ça m'a un peu surprise de découvrir ça par hasard, je dois dire...

Depuis 5 ans et demi, ces beaux quartiers que je partage ici sont des tranches de beauté ou d'inspiration, des adresses, des réflexions, des clins d’œil, bref, ce qui contribue à rendre la journée (ou la vie, voyons grand) un peu moins terre à terre et un peu plus belle.
Même si je n'y suis pas toujours très présente, je tiens à cet espace libre. C'est un complément de mon travail, un travail dont je suis moi-même la cliente, ça fait du bien... Et tellement de bien que je prépare de nouvelles rubriques et de nouveaux rendez-vous, alors surtout n'oubliez pas de revenir !

Quant au boucher, que vous dire ? Rien, je ne le connais pas et n'ai pas d'avis. Je vous laisse le découvrir par vous-mêmes (je ne vous donne pas l'adresse, vous trouverez bien tout seuls).

1 mai 2015



Nostalgie d'une certaine esthétique...

Merci à Rebecca Manzoni dans son Tubes & co de ce matin pour avoir évoqué cette chanson.

13 févr. 2015

Un souffle blanc sur l'hiver

Sans titre, Laurent Kariv, 2015
(c) Laurent Kariv

Le blanc du biscuit de porcelaine, le souffle du céramiste sur sa pièce
Un voyage poétique orchestré par le photographe Laurent Kariv dans un monde de gestes, d'art et de précision. 

Souffle Blanc, du 11 février au 21 mars 2015 
Galerie de Sèvres - Cité de la céramique. 4 place André Malraux, Paris 1er.

9 févr. 2015

Jorge




En ouvrant son émission* du jour par les dernières minutes du Boléro de Ravel, Nathalie Dessay a fait resurgir de ma mémoire un des ces moments qui marquent.
Entendu, réentendu, le Boléro est pourtant toujours aussi "trippant", encore plus remuant quand on a eu la chance de le voir dansé, et dansé par Jorge Donn (dans mon cas, à Toulouse, à la fin des années 80).
Jorge Donn était un de ces danseurs merveilleux dont on se souvient à jamais. Sa simple entrée en scène était d'une grâce infinie, ses pieds semblant à peine effleurer le sol. C'était la plus belle marche du monde.
Ce n'est pas lui qui a créé le Boléro, mais son interprétation est inoubliable. Cette danse hypnotisante unit danseurs et spectateurs dans la même transe ; portée par la fluidité des mouvements de Jorge Donn, elle est irrésistible. Accordez-vous ces 15 minutes de grâce...

*(Classic avec Dessay - France Inter)

14 janv. 2015

Vers le Nord

Message personnel à l'attention de Clément Oubrerie : je suis prête pour le tome 2 !
Parce que le tome 1 est très très bien : c'est magnifique, intriguant, c'est l'aventure, et ça donne envie de se ruer sur les livres de Philip Pullman dont cette BD est adaptée.

http://www.bd.gallimard.fr/couv_haute_def/A65380.jpg

A la croisée des mondes. Les Royaumes du Nord, volume 1.
Stéphane Melchior et Clément Oubrerie, d'après l'œuvre de Philip Pullman. Éditions Gallimard

His Dark Materials : Northern Lights, The Subtle Knife, The Amber Spyglass, Lyra’s Oxford
Philip Pullman